mardi 27 janvier 2026

L'homme qui rétrécit

Paul partage sa vie entre son entreprise navale, sa femme Elise et sa fille Mia. Un jour, lors d'une sortie en mer, il est confronté à un phénomène étrange et inexpliqué. Dans les jours et les semaines qui suivent, Paul commence à rétrécir, sans que la science ne puisse expliquer la singulière transformation. Alors qu'il ne mesure plus que quelques centimètres, Paul se retrouve par accident prisonnier de sa propre cave, ses proches le croyant à jamais disparu. Commence alors pour lui un long cheminement et une lutte de tous les instants pour la survie, son rétrécissement continuant inexorablement.

Remake d'un film de 1957, cet homme qui rétrécit nous propose un voyage vers l'étrange, un monde inconnu et pourtant si familier, quand un escalier devient une montage infranchissable, une allumette une torche et une araignée un monstre terrifiant. Par bien des aspects, ce film ressemble à un épisode de la Quatrième Dimension, le héros seul face à l'incompréhensible. Un presque huit clos, puisque l'action se situe principalement dans une cave mais qui prend petit à petit des proportions d'un vaste monde, une aventure à la fois dramatique et passionnante, l'humain mis face à se petitesse face à l'univers.

Le film est prenant, les péripéties un peu attendues mais singulières, certains passages sont proprement glaçants. Arachnophobes s'abstenir.

Une histoire à reprendre pour Horreur Liminale.

dimanche 25 janvier 2026

Les Dossiers Cthulhu, Tome 1 : Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell (James Lovegroove)

Automne 1880. Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu'il rencontre Sherlock Holmes. Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell. Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt. Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination. Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou.

Le roman Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell est un cross-over entre l'oeuvre de Arthur Conan Doyle et l'univers horrifique de HP Lovecraft

L'auteur, James Lovegrove, s'imagine une filiation fictive avec le maître de Providence, et un hypothétique héritage littéraire par lequel il serait entrer en possession d'un manuscrit écrit de la main d'un certain James Watson. Ce manuscrit révèle une part sombre des aventures du célèbre détective Sherlock Holmes, un part volontairement caché par le biographe, afin de préserver le monde d'une vérité terrible. 

S'en suit une aventure inédite, qui débute lors de la rencontre de Watson et de Holmes, et une enquête qui va conduire les deux investigateurs dans les bas-fonds de Londres, dans le milieu des fumeries d'opium clandestines, et plus loin encore, dans les profondeurs obscures, à la rencontre des secrets terribles du Mythe.

Ce que j'en ai pensé: l'auteur, James Lovegrove, propose un pastiche très réussi, mêlant le style d'Arthur Conan Doyle et les horreurs indicibles du Mythe de Cthulhu. J'ai très vite été pris par le récit, allant d'indice en indice, remontant la piste aux côtés de Sherlock et du Docteur Watson. Tout commence comme une enquête du célèbre détective, puis les premières bizarreries lovecraftiennes surgissent, titillant l'esprit logique et cartésien de Holmes. Puis les faits étranges s'accumulent, jusqu'à leur première vraie confrontation avec l'horreur du Mythe. A partir de là, les choses prennent une tournure plus lovecraftienne. Les deux investigateurs s'enfoncent alors dans les méandres du Mythe, allant de découvertes en révélations impies. La transition entre les deux univers, l'un logique et cartésien, l'autre horrifique, est captivante. La preuve: j'ai acheté ce roman le 15 janvier dernier, et je l'ai refermé cet après-midi.

J'ai beaucoup aimé.

Un cross-over surprenant, une aventure passionnante, un pastiche réussi et une remarquable inspiration pour vos aventures de Cthulhu by Gaslight, ou tout autre cadre de jeu victorien.

samedi 24 janvier 2026

Dalloway

Clarissa, romancière, rejoint une résidence d'artistes à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente. Peu à peu, elle éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes.

Dalloway surfe sur la vague du thriller psychologique matiné de science-fiction. Tout est là pour nous pousser à la méfiance et la paranoïa, à commencer par la douce voix de l'IA Dalloway interprétée par Mylène Farmer. Si on ajoute l'environnement épuré de la résidence, le fait que l'action se passe pendant une pandémie et les traumas de l'héroïne suite à un drame personnel et sa lente descente aux enfers, on a là tous les ingrédients pour un cocktail doucement explosif.

Je vois pas mal d'ingrédients à reprendre pour un huis clos pour Horreur Liminale par exemple. L'environnement de l'immeuble aseptisé piloté par des IA m'y semble très propice. 

vendredi 23 janvier 2026

Chien 51 (le film)

Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l'IA nommée ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu'à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia, une enquêtre de la zone 2, et Zem, un flic de la zone 3, soient forcés à collaborer pour mener l'enquête.

A l'origine adaptation au cinéma du roman éponyme de Laurent Gaudé, le film n'en conserve que quelques protagonistes, dont Salia et Zem, et place l'action dans un Paris dystopique où les forces de police suivent les indications d'une IA et où la ville est divisée en trois zones.

Il faudrait peut-être que je relise le roman mais il me semble bien que l'intrigue du film s'écarte fortement de celle du livre. Je ne me souviens pas par exemple de cette histoire d'IA. Cela étant, le récit développé dans le film reste intéressante et l'enquête relativement bien ficelée. On navigue entre les zones, d'indice en indice, de scène de crime en scène de crime, jusqu'à la révélation finale, qui n'est pas tout à fait une surprise. On retrouve tous les clichés de la dystopie: classes sociales cloisonnées, lutte des défavorisées qui sont exploitées par les riches, violence policière justifiée par la paranoïa et le maintien de la sécurité, émeutes et troubles sociaux réprimés dans la violence, groupuscules de résistants très vite qualifiés de terroristes par les instances au pouvoir. Le cadre est posé.

Quelques scènes un peu navrantes tout de même, comme un improbable karaoké. Une fin bien évidemment tragique et un peu attendue.

Le film Chien 51 reste un film policier correct, avec pas mal de bonnes idées à recycler dans un Berlin XVIII mais on est loin du Blade Runner à la française qu'on nous avait promis.

mercredi 21 janvier 2026

Les Mémoires du Mythe (saison 3)

J'ai repris l'écoute des Mémoires du Mythe, troisième saison. Une chronique radiophonique des Masques de Nyarlathotep sur la chaîne Globtopus.

Candela Obscura (Soundtrack)

L'ambiance musicale, c'est important en jeu de rôle. On ne peut pas envisager de jouer à Star Wars dans les morceaux de John Williams en fond sonore. Impossible d'envisager une escapade en Terre du Milieu sans quelques morceaux de la BO des films. Explorer un donjon ou défaire un dragon nécessitent une musique mystérieuse ou épique selon le cas.

Il en va de même pour les jeux de rôle horrifiques; depuis quelques jours, j'écoute en boucle la bande son de Candela Obscura, certes idéal pour sonoriser des parties du jeu de rôle éponyme mais elle convient aussi parfaitement à un Appel de Cthulhu ou Cthulhu Dark. A écouter sans modération sur Spotify ou Youtube Music.

dimanche 18 janvier 2026

Candela Obscura, Guide d'Introduction (lecture commentée #2) : le scénario

Second billet concernant le guide d'introduction de Candela Obscura. J'ai lu le scénario proposé, intitulé Dressed to kill, à juste titre puisqu'il est question d'une robe d'un vert étrange qui tue la malheureuse modèle lors d'un défilé à l'occasion de la Newfaire World Exhibition.

Les PJ, membres de Candela Obscura, sont envoyés sur place pour mener l'enquête. Le scénario est divisé en plusieurs parties successives avec une accroche, l'arrivée des PJ sur les lieux du drame, des PNJ à interroger, des lieux à explorer et une succession d'événements allant crescendo jusqu'au climax final et la révélation. Un scénario assez classique du genre et qui devrait permettre aux PJ de se familiariser avec les mécaniques de jeu et l'univers de Candela Obscura. Je parle au conditionnel car ce scénario demandera un peu de travail de la part du MJ pour préparer les différentes scènes. Tout est expliqué de manière très narrative mais j'ai trouvé que ça manquait d'instructions plus techniques pour aider le MJ et les joueurs à utiliser et activer les mécaniques de jeu. A mon sens, trop d'éléments sont laissés à la discrétion du MJ. Un schéma même hypothétique de l’enchaînement des événements aurait permis d'avoir une vue plus globale du scénario.

L'histoire n'est pas dénuée d'intérêts, et puisse même dans des anecdotes du monde réel, mais ça manque d'explications et de guides pour prendre le jeu en main, même dans sa version simplifiée. La transposition de cette histoire sous la forme d'un scénario jouable ne me semble pas suffisamment aboutie. C'est un peu dommage pour un guide d'introduction. Certes les joueurs pourront être novices mais le MJ devra avoir un peu de bouteille pour pouvoir utiliser efficacement ce guide et le scénario proposé.