lundi 20 novembre 2017

Un sale livre (Frank Andriat)

Encore un livre de la liste de lecture scolaire de mon fils.
Un sale livre, de Frank Andriat aux éditions Mijade, n'est justement pas un sale livre; l'histoire en quelques mots: une enseignante propose un livre à sa classe, un livre au titre surprenant: Rien, Nadir. Ce livre raconte l'histoire de Nadir, un jeune Syrien obligé de fuir la guerre avec son père et sa petite sœur. Ils trouvent refuge en France, à Mulhouse. Là, le jeune garçon meurtri par la guerre et la mort brutale de sa mère va découvrir une France loin de l'image d’Épinal qu'il imaginait, une France où il sera confronté à l'intolérance et au rejet, lui qui a déjà dû subir la violence barbare de Daech. Heureusement, la France n'est pas la Syrie en guerre et Nadir rencontrera aussi des gens ouverts, prêts à l'accueillir et à partager.
Un sale livre raconte l'histoire de Nadir mais aussi et surtout les réactions de différents intervenants autour du livre: élèves et parents d'élèves, lecteurs, enseignants, directeur d'école, auteure du livre. Un ouvrage choc qui ouvre les yeux sur une réalité dure, un quotidien hélas banalisé par les médias, une actualité brûlante, celle de familles anéanties par la guerre et forcées de fuir les ruines de leur foyer pour une Europe inconnue et qui se montre souvent moins accueillante qu'espéré. Un livre qui, comme dans l'histoire, ouvre le débat sur toutes ces questions difficiles à poser mais aussi des réponses pas toujours évidentes à donner.
On est loin du jeu de rôle dans ce billet mais ce livre m'a tellement marqué que je ne pouvais pas  en partager le sujet avec vous.
Une lecture à conseiller d'urgence à vos ados (et aux adultes aussi).

mercredi 15 novembre 2017

The Wall (2017)

Deux soldats américains sont pris pour cible par un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruines les protège encore d’une mort certaine. 
Au-delà de la lutte pour la survie, c'est une guerre de volontés, un bras de fer psychologique qui va opposer le soldat US  Allen Isaac et son ennemi irakien.

The Wall n'est pas juste un film de guerre et le conflit en Irak n'est qu'un prétexte pour mettre en place un affrontement d'un autre genre entre deux soldats ennemis, une guerre psychologique, un jeu de cache-cache mortel sur fond de guerre.
Si l'action ne se déroulait pas dans le désert irakien, on pourrait presque parler de huit clos. Le film ne dure qu'une heure et vingt-huit minutes mais c'est largement suffisant pour mettre en place les éléments d'un thriller tendu comme une corde de piano, jusqu'à la dernière minute et le dénouement.
Une inspiration possible pour un jeu de rôle de guerre comme The Regiment de John Harper.

Sventovia (Le Grümph)

Petit coup de projecteur sur Sventovia, un jeu de rôle conçu par Le Grümph pour l'initiation au jeu de rôle, à destination du grand public lors des conventions.
C'est simple, clairement expliqué et rapidement mis en place pour une partie de 45 à 60 minutes. Le jeu bénéficie du savoir-faire du Grümph avec une très belle fiche de personnage et des cartes de jeu joliment illustrées.
Sventovia vient avec un court scénario qui permettra aux joueurs/euses de découvrir les différents aspects du jeu de rôle: un peu d’interaction sociale, un peu d’observation et de planification, un peu d’intrusion et, éventuellement, un peu de combat.
A tester entre amis/en famille pour initier vos amis ou vos petits neveux au jeu de rôle.

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Romain Puértolas)

Encore une lecture scolaire d'un de mes fils (15 ans), L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea nous narre les tribulations d'un fakir venu en France pour acheter un lit à clous Ikea et qui va faire le tour de l'Europe coincé dans une armoire puis dans une malle puis dans la nacelle d'une montgolfière, à bord d'un cargo libyen pour finir par revenir en France en avion.
Au-delà des aventures burlesques du jeune Ajatashatru à travers l'Europe, ce roman est une satire de notre société et de son regard sur les réfugiés.
Arnaqueur né, Ajatashatru va voyager, un peu contre son gré, et faire des rencontres qui vont lui ouvrir les yeux sur la nature humaine et sur sa propre nature, sur son attitude vis-à-vis des autres. Il va se découvrir une vocation d'écrivain et il rencontrera l'amitié et l'amour.
Avec ce roman, on est à mi-chemin entre le voyage du héros de Joseph Campbell et la comédie échevelée à la San Antonio.
Un roman au sujet prêtant à sourire mais qui s'avère plus riche et plus profond qu'on ne le croit.
Cette lecture n'a rien à voir avec le jeu de rôle mais comme j'essaie de suivre les lectures scolaires de mes enfants, j'ai posté ce petit billet, sait-on jamais qu'éventuellement cela pourrait aider certains parents ou enseignants dans le choix de lecture pour leurs enfants/élèves.

Night Witches bientôt en français

Edge Entertainment annonce la traduction prochaine de Night Witches, le jeu de rôle propulsé par l'Apocalypse où on incarne les jeunes et vaillantes aviatrices soviétiques du 588e régiment livrant un combattant perdu d'avance contre les ennemis fascistes mais aussi contre le sexisme de leurs compatriotes de l'Armée Rouge.
Mettant en scène l'histoire vue par le prisme des femmes qui l'ont faite, Night Witches est centré sur les interactions sociales au sein du régiment autant que sur les hauts faits d'armes des aviatrices.
En attendant la sortie du jeu, Edge prévoie plusieurs previews pour présenter le jeu, son contexte, son système de jeu, du teasing quoi.

dimanche 5 novembre 2017

Les Secrets de Faith Green (Jean-François Chabas)

"Descendez-moi ce fumier!"
J'étais tellement paniquée que je suis restée là, bouche ouverte, sans bouger ni crier, tandis que les bandits couchaient en joue mon père. Quand le premier coup de feu a claqué, j'ai fermé les yeux.
Faith Green a 12 ans en 1922, quand elle rédige ces lignes dans un cahier recouvert de cuir rouge. 76 ans plus tard, elle débarque dans la vie et la chambre de son arrière-petit-fils, avec sa mauvaise humeur, un énorme revolver et son journal intime planqué au fond de sa valise.

Cette fois, j'ai piqué ce roman jeunesse dans la liste de lecture de mon fils cadet: un roman court (150 pages) narrant la découverte par le jeune Mickey du passé mystérieux de son arrière-grand-mère venue finir ses jours dans leur appartement de New-York. 
Mickey est loin de se douter du passé tumultueux de son aïeule, dans les années 20, en pleine prohibition. Au fil des pages du journal intime de la vieille dame, il revivra les aventures palpitantes et effrayantes aussi de son arrière-grand-mère, des aventures pleines de gangsters, de règlements de compte et de trafic d'alcool frelaté.

Les Secrets de Faith Green est un roman à partir de 10 ans mais reste très agréable à lire même en tant qu'adulte. Pour le coup, j'ai lu ce livre pour pouvoir aider mon fils dans la rédaction de sa fiche de lecture mais j'ai également pris du plaisir à découvrir cette histoire de vieille dame mystérieuse armé d'un revolver.
Une inspiration sympathique pour une aventure autour du thème des gangsters et des bootleggers.
En parlant de Bootleggers, il existe un jeu de rôle du même nom, édité chez One Seven, la boîte d'édition de John Harper. Je ne l'ai hélas pas testé. C'est propulsé par l'Apocalypse et ça parle de trafiquants d'alcool pendant la prohibition.

Les fragmentés (Neal Shusterman)

Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre Civile, une loin autorisant la fragmentation a été votée. Celle-ci stipule qu'il est interdit d'attenter à la vie d'un enfant de sa conception jusqu'à son treizième anniversaire. Passée cette date, tout parent peut décider de "résilier" son enfant en ayant recours à la fragmentation, processus qui permet de renoncer à son enfant rétroactivement. Une seule exigence: réutiliser 99% des organes du fragmenté pour qu'il continue à "vivre" à travers d'autres.
Connor, Risa et Lev ne se connaissent pas, un monde les sépare. Adolescent à la dérive, pupille de la nation ou objet d'un sacrifice religieux, chacun se retrouve pourtant sur la liste fatale. Leur seule échappatoire: fuir, se cacher et essayer de survivre.

J'ai encore une fois tapé dans les lectures scolaires de mon fils aîné avec ce premier tome de la série Les Fragmentés de Neal Shusterman.
On est clairement dans la dystopie, genre que j'affectionne particulièrement. Ici point de jeux meurtriers à la Hunger Games mais une société basée sur l'effarante loi permettant de renoncer à son enfant entre l'âge de 13 et 18 ans. Une fois la majorité atteinte, plus de recours possible.
C'est dans ce contexte particulier que Connor, Risa et Lev vont se retrouver à fuir leur destin.
Connor est un enfant turbulent et ingérable; ses parents, dépassés, optent pour la fragmentation. Risa est une orpheline, prise en charge par l'état. Plus assez de places et des budgets réduits obligent le directeur de l'établissement à envoyer la jeune fille à la fragmentation. Lev est le dixième enfant d'une famille extrêmement religieuse. Il est un décimé, donné en offrande à la société par le biais de la fragmentation. Les trois jeunes viennent d'horizons différents mais partagent la même issue finale; ils vont faire cause commune, bon gré mal gré, pour échapper à cette mort programmée, pour survivre tout simplement. Un roman haletant, plein de rebondissements, des chapitres courts, une écriture allant droit au but, un rythme soutenu jusqu'à la dernière page, une fin ouverte sur la suite de la série car le combat des fragmentés pour la vie est loin d'être terminé.

Un roman-inspiration si vous souhaitez lancer vos joueurs/euses sur les traces des héros et explorer les sombres méandres de la dystopie des Fragmentés. Des idées pour créer vos propres mondes imaginaires et tyranniques.