jeudi 27 février 2014

American Gods de Neil Gaiman

En sortant de prison, Ombre apprend la mort de sa femme et de son meilleur ami dans un accident de voiture. 
À bord de l'avion qui le ramène chez lui, il se fait embaucher comme garde du corps par un étrange personnage dénommé Voyageur qui l'entraîne dans un long périple à travers les États-Unis. 
Ombre découvre bientôt que Voyageur n'est autre que l'ancien dieu nordique Odin qui tente de rallier à sa cause les autres anciens dieux et quelques personnages folkloriques afin de mener une guerre sans merci aux divinités plus récentes de l'Amérique que sont la voiture, internet, la télévision et les médias.

On ne présente plus Neil Gaiman, écrivain britannique prolifique et polyvalent. Romans, nouvelles, comics et romans graphiques, c'est un touche-à-tout talentueux et reconnu. Il vit actuellement aux Etats-Unis.
Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer l'inégalable Neverwhere (adapté en série par la BBC), De bons présages (en collaboration avec Terry Pratchett), Stardust (adapté au cinéma), Coraline (film d'animation assez sombre)...

J'avais découvert Neil Gaiman avec Neverwhere et De bons présages et ça faisait longtemps que je lorgnais du côté d'American Gods et que j'en envisageais la lecture. C'est maintenant chose faite et je ne suis pas déçu.

Comme son titre l'indique, il est question de divinités dans ce roman.
On y suit le parcours chaotique d'Ombre qui, à peine sorti de prison, se retrouve embrigadé malgré lui dans une lutte opposant les dieux issus des panthéons et du folklore de l'ancien monde aux nouvelles divinités de l'Amérique moderne que sont le consumérisme et la technologie.
L'auteur nous décrit une Amérique baroque peuplée d'êtres immortels, divinités oubliées ne survivant que grâce à l'adoration d'une poignée de fervents discrets ou en ayant trouvé refuge dans des lieux retirés. Les dieux égyptiens des morts sont devenus fossoyeur et croque-mort. La Reine de Sabbat est une prostituée qui trouvent ses clients sur Internet. Les êtres féeriques du folklore celtique, les dieux anciens de l'Inde, les dieux nordiques, tous survivent tant bien que mal dans un monde moderne où ils n'ont plus leur place.
Les éléments du récit se mettent en place au fil des pages; on ne sait pas très bien où on va. L'auteur nous délivre des pièces de  puzzle. Un plan général semble se dessiner petit à petit. Les fils des intrigues se nouent et se dénouent. La révélation finale n'en est que plus surprenante.
Un roman à lire tranquillement et qui réserve quelques bonnes surprises.

Rôlistiquement, on est fort proche de jeux occultes contemporains comme Unknown Armies ou Changelin, jeux où la magie est décrite comme subtile mais puissante. Les histoires occultes évoluent en marge de la société des non initiés et des mortels. A côté de notre monde normal et régi par le rationnel, on découvre un monde de magie cachée, d'antiques croyances et disparitions programmées. On découvre un monde peuplé d'êtres incroyablement puissants mais dont l'existence dépend de la foi qu'ont en eux les hommes. Les dieux oubliés de l'humanité, ceux qu'on ne prie plus sont voués à disparaître, sombrant lentement dans l'inconscience collectif. Ce crépuscule des divinités est un thème inspirant, à explorer en jeu de rôle, que les joueurs incarnent des dieux en danger de disparition ou, pourquoi pas, des humains désirant sauver leur dieu.

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