mercredi 20 juin 2018

The Mountain Witch

The Mountain Witch est un jeu de rôle de Timothy Kleinert proposant aux joueurs d'incarner un groupe de rônins, samouraïs sans maître, engagés pour accomplir une mission dont personne ne veut: tuer O-Yanma, la sorcière du Mont Fuji.
Ce jeu, publié en 2005 à l'occasion d'un Game Chef, fait partie de la mouvance indie initiée par Ron Edwards et The Forge. L'auteur débute d'ailleurs son ouvrage en expliquant la démarche et le processus de création du jeu; on n'est encore qu'en 2005 et pourtant on sent déjà l'influence grandissante de ce qu'on appelle aujourd'hui les jeux narratifs et/ou à partage de narration.
Aux travers de ses mécaniques de jeu, The Mountain Witch met en avant l'histoire et donne la main aux joueurs lors de la narration de leurs succès, les échecs restant l'apanage du Meneur de Jeu.
Le système de résolution, à base de dés à six faces, reste simple et discret mais suffisant pour supporter le récit.
Le jeu insiste sur les rivalités entre les personnages, rivalités mises en oeuvre via des points de Confiance et des oppositions/alliances illustrées par les signes du zodiaque asiatique.
Chaque rônin devra assumer un sombre destin déterminé en début de partie et qui le poussera peut-être à trahir ses compagnons d'armes.
The Moutain Witch est un jeu de rôle narratif, mettant clairement en avant le drama et demandant un certain investissement de la part des joueurs notamment dans l'interprétation et la narration des succès de leurs personnages respectifs. C'est un jeu où la suspicion et la trahison font partie du récit et où les personnages seront immanquablement appelés à s'affronter, la Sorcière et ses sbires n'étant qu'un prétexte, un décor pour justifier la situation. La question de vaincre ou non la Sorcière de la Montagne passe vite au second plan face aux destins des personnages/rônins.

Outre le contexte du jeu, les règles et les conseils de jeu, The Mountain Witch bénéficie d'un bon travail de documentation sur le Japon médiéval; j'ai été surpris par l'exactitude des renseignements concernant les châteaux. Le chapitre décrivant l'opposition, à savoir la Sorcière et ses minions, puise allègrement dans le folklore et les superstitions du Japon ancien.
La partie concernant la manière de jouer est également très utile: découpe de l'aventure en actes et chapitres, techniques et conseils de maîtrise.
L'ouvrage se clôture par des annexes comprenant un résumé des règles, une fiche de personnage et une longue liste de sources d'inspiration, très utile pour se mettre dans l'ambiance et visualiser certains éléments de jeu.
Au final un excellent jeu qui mérite le détour et propose une approche originale et efficace du Japon médiéval.

Le jeu dans sa première édition se présente sous la forme d'un PDF de 155 pages, sobrement illustré.
Le texte est aéré et agréable à lire, dans un anglais très abordable.
A noter que le jeu fait l'objet d'un financement participatif pour sa seconde édition, financement toujours en cours à l'heure où j'écris ces lignes.

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