vendredi 25 septembre 2015

Une approche prudente

Les deux compères s’enfonçaient toujours plus loin dans les ténèbres, suivant à la maigre lueur de la lune un sentier forestier à peine tracé.
Le premier était un grand gaillard de presque six pieds et demi de haut, tout en muscles. Il se déplaçait d’un pas assuré, évitant les racines saillantes et les trous dissimulés par la nuit et la végétation. Dans son dos battait une grande épée dans un fourreau de cuir grossier mais solide.Il était vêtu comme un chasseur: veste de cuir près du corps et chausses ajustées, bottes de cuir et ample manteau de pluie usé par des années d’errance. Les rayons lunaires frappant sa face révélaient un visage anguleux et farouche mangé par une barbe drue, une épaisse chevelure noire.
Le second était plus petit, plus fin. Tout dans son attitude et sa manière de se déplacer trahissait le voleur citadin peu habité à évoluer dans un environnement sauvage.Ses habits noirs le faisaient se confondre avec la nuit. Son regard allait d’un côté à l’autre de la sente, scrutant chaque recoin de la forêt, comme craignant quelque danger invisible.On ne voyait aucune arme sur lui mais on devinait aisément que sa veste sombre devait dissimuler quelques lames courtes mais non moins dangereuses.
Les deux ombres progressaient d’un bon pas, malgré la nuit et le manque apparent de repaire.Le vieux n’avait pas menti: le sentier les menait tout droit vers la vieille tour de garde en suivant un vallon boisé qui les garantissait du regard scrutateur des sentinelles.A la faveur d’un rayon de lune, ils aperçurent la silhouette épaisse de la tour, perchée sur une colline. Le sentier les amena à une cinquantaine de toises, derrière l’édifice.De leur position, tapis dans les fourrés, ils pouvaient voir sans être vus. Ils étaient à pied d’œuvre.
J'ai écrit ce petit texte d'ambiance dans l'optique de le proposer à mes fils qui voulaient jouer un duo de fripouilles, le premier incarnant un personnage de voleur citadin à la Assassin's Creed et le second un chasseur sauvage et brutal. Après coup, tout ça m'a fait penser au couple atypique formé par Fafhrd et le Souricier Gris dans le Cycle des Épées de Fritz Leiber.

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