mercredi 14 septembre 2016

Embers

Suite à une pandémie neurologique, les êtres humains ont perdu la mémoire et la faculté de se souvenir; les survivants tentent de trouver un sens à ce monde en ruines, sans souvenir.

Embers nous propose un monde où les êtres humains ont perdu la mémoire, mémoire à long terme mais aussi les souvenirs immédiats.
On découvre un monde en ruines parcouru par des  survivants errants, seuls ou en petits groupes, sans but apparent.
Ils ne savent pas où ils sont et ont même oublié qui ils sont. Et l'espace d'une nuit, voire parfois de quelques minutes, suffit à balayer le peu de souvenirs qu'ils ont réussi à reconstruire.
On suit le quotidien d'un docteur ayant laissé un peu partout dans sa maison des notes pour se souvenir de qui il est et comment faire des choses aussi simples que d'allumer un feu ou de se préparer à manger. Il lit des livres dont il est l'auteur et a fixé autour de sa maison des cordes de couleur comme autant de lignes de vie pour retrouver son chemin. Un couple erre dans les ruines, ne se souvenant de rien à chaque réveil. Un enfant muet déambule au hasard, recueilli par une femme-enfant vivant dans une maison pleine de jouets, et finit par trouver refuge chez le docteur amnésique. Un autre survivant, inquiétant, le regard fixe d'une bête aux aboies, rôde en quête de quelques proies à agresser. Un père et sa fille semblent avoir été épargnés par la maladie, cloîtrés dans un bunker où ils doivent se soumettre à un test cognitif quotidien.

Embers est un film lent, sans véritable tension et encore moins de scènes d'action, hormis quelques agressions violentes mais fugaces. On suit chaque protagoniste. Chacun d'eux a adopté une tactique pour lutter contre la maladie qui grignote sa mémoire, ou subit l'amnésie sans vraiment s'en rendre compte. On assiste, médusé, à la lente régression des survivants de la race humaine, incapables de se souvenir et voués à l'oubli.

D'un point de vue jeu de rôle, on pense assez vite au monde de Millevaux, de Thomas Munier, et à son syndrome de l'oubli, bien que dans Millevaux la death zone mémorielle s'étend au-delà de trois ans. Dans Embers, les humains ne semblent pas pouvoir garder plus d'une journée de souvenirs, et une nuit de sommeil suffit à tout effacer. Si le monde de Millevaux semble renaître de ses cendres, celui présenté dans Embers est un monde vivant ses derniers soubresauts.

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